Mayotte bis !

Caribou !
(ça veut dire bienvenue en mahorais !)

Si il fallait définir Mayotte en un mot, on dirait surprenant ! Il y a bien ces fameuses plages de sable blanc, ce récif corallien qui donne des tons turquoises à l’eau, mais tout le reste ? Les gens, la faune, les paysages... on a été plus dépaysés que ce qu’on ne pensait ! Mise à part la végétation, Mayotte n’a rien à voir avec la Guadeloupe.
Par quoi commencer...

(ces remarques et ressentis concernent surtout le sud de l’île, nous n’avons pas eu l’occasion de visiter le nord et les grandes villes, comme Mamoudzou, restent à part)

  • Première surprise : la terre est rouge ! Ce rouge qui salit rapidement les voitures rappelle les paysages africains, après tout c’est logique, on est à quelques centaines kilomètres du Mozambique, du Kenya et de Madagascar. On a bien senti qu’on était en Afrique sub-saharienne que ce soit dans les tenues des gens, leur culture, les paysages ou encore la phonétique, nous étions en Afrique ! Kildine a adoré les noms des villes, on trouvait ça très joli : Bouéni, Kani Kéli, Nyambadao, Mamoudzou, Dzaoudzi, Malamani, M’ramadoudou, Coconi, et on en passe ! Et puis il y avait des baobabs !! Quelle surprise !
  • Les gens, la culture : nous qui venions de Guadeloupe, le pays où les gens sont les plus chaleureux du monde (non non on n’est pas chauvins !), on a été surpris par le fait que les gens ne disent pas bonjour, ne nous abordaient pas. On s’est dit « ah ils ne sont pas très sympas ces mahorais ! ». Alors qu’en fait pas du tout ! Ils sont beaucoup plus réservés que les guadeloupéens, et ont une certaine "peur" de déranger (enfin c’est ce que nous, on a ressenti). On a eu l’occasion de dîner autour d’un poisson avec un couple de mahorais super sympas et un autre super gentil mahorais a guidé patiemment Kildine pour faire son créneau (no comment !).
  • La religion : on savait que la population est majoritairement musulmane, qu’on allait entendre l’appel à la prière, mais dans notre tête c’était plus musulman version Tunisie, Maroc alors qu’en fait le pays est très africanisé. Les habits et traditions sont différents de ce qu’on avait pu s’imaginer. On a vu des mosquées aussi, mais très sobres, si il n’y avait pas un petit panneau, on aurait pris ça pour de simples maisons. Dans les quelques grandes villes, c’est différent, les mosquées sont plus grandioses. On a aussi été surpris de trouver le Coran (avec dorure et tout) en vente dans de toutes petites épiceries (où on ne trouve pas grand chose) !
  •  les vêtements : les femmes portent l’habit traditionnel le salouva (robe en tissus aux couleurs et motifs africains ou modernes) et souvent le kishali (le voile, accordé au salouva). Bien sûr, toutes les femmes ne s’habillent pas comme ça, mais on a été étonnés de voir que la majorité des femmes le porte. Faut voir la beauté des tissus qu’elles paraient ! Magnifiques ! Quant aux hommes, les signes religieux sont moins présents, quasiment tous s’habillent comme nous, à l’occidentale. Cependant certains portent le kandziou (nous on appelait ça une « djellaba ») et le koffia (un petit chapeau carré). Au final, les tenues vestimentaires semblent être portées plus par tradition ou tout simplement parce que c’est joli, que par conviction religieuse. En tout cas c’est ce qu’on a pu ressentir ! Chose surprenante également, ce sont les masques d’argile qu’arborent les femmes, les Msindzano. On pensait que cette coutume était aujourd’hui marginale, et bien pas du tout ! Beaucoup de femmes et de jeunes femmes le font ! Ce « masque » qu’elles s’appliquent sur le visage, les protègent du soleil mais est aussi utilisé pour des raisons esthétiques.
  • la langue : à Mayotte, on parle majoritairement le mahorais. On est contents, on a appris quelques mots ! Si a priori dans un département français, tout le monde parle français, et bien cette évidence, n’est pas si évidente... Notre hôte ne comprenait pas tout ce qu’on disait et un enfant de 10 ans nous a demandé de lui lire une étiquette...

  • la faune : quelle surprise cette faune totalement différente de la notre ! On avait hâte de trouver des petits makis, ces lémuriens sauvages. Oh la la qu’ils sont mignons ! Et super curieux ! Ils viennent vers nous, nous fixent de leurs grands yeux oranges, nous sniffent pour voir si on n’a pas une petite banane pour eux et puis voyant qu’on n’a rien, ils retournent faire leur vie. A N’Gouja, on peut les toucher, parfois même les caresser (c’est troooop doux !). Certains de ces animaux vont sur les touristes qui leur donnent à manger (mais notre conscience nous a interdit tout nourrissage afin d’éviter toute dépendance envers l’homme). Après avec un œil plus aiguisé, on s’est rendu compte qu’il y avait des makis un peu partout cachés. Que ce soit sur les fils électriques, dans un arbre en face de chez nous, ou traversant tranquillement la route, on en voyait pas mal.

    Autre grosse surprise : les chauve-souris appelées Roussettes. Au départ on croyait que c’était de gros oiseaux, quand on s’est aperçu que c’était des chauve-souris on n'en revenait pas ! Elles sont tout simplement énormes, ailes déployées elles font plus de 50 cm de large ! Super mignonnes ces petites boules de poils dorées ! On en voit partout sur l’île, et en plus... elles volent le jour ! Pour nous, une chauve-souris ça vivait la nuit et bien pas forcément.

    Autre bébête : les geckos !! Il y en a pas mal sur l’île. Rien qu’un matin on en a vu trois en prenant notre petit déjeuner !

Petite déception : on ne verra ni requin, ni caméléon, ni raie manta.

  • Mayotte n’est pas encore une destination touristique, clairement ! Il y a des signes qui ne trompent pas : très peu des restaurants, absence de boutiques de souvenirs (on a galéré pour trouver des cartes postales !!), peu d’hôtels, peu de loisirs, pas de marché, peu de pancartes, etc. Ce qui a du bon comme du mauvais ! Le bon c’est que les paysages sont encore bien préservés ! Les plages ne sont pas envahies de restaurants, boutiques ou autre bâtiment. Le mauvais c’est que vu qu’il n’y a pas de touristes, il n’y a également pas de réglementation : on a pu voir des voitures circuler carrément sur la plage ou encore des plages poubelle.
  • Une autre chose nous a frappé à Mayotte...la pauvreté. Les routes sont bordées de cabanes en tôles (quasi bidon-ville), de vendeurs à la sauvette, sans parler de l’absence d’infrastructures (trottoirs, ronds-points, barrière de sécurité, éclairage), l’eau du robinet n’est pas vraiment potable, on a vu des gens laver leurs linge dans la rivière, des enfants nous ont demandés de l'argent ou à manger, sans parler de l’état des routes, d'internet, etc. Nous sommes pourtant... en France. De nombreux faits, que l'on pourrait longuement développés, expliquent ces différences.
  • les vols : un gros problème à Mayotte, ce sont les vols ! Sur les forums, les internautes nous mettaient en garde. La première personne avec qui on a parlé sur place, nous a dit « surtout faites attention aux vols, ne laissez rien en évidence dans la voiture ». Bon... A la plage, nous étions accueillis par de grands panneaux avec écrit : ne laissez rien dans vos voitures, ne laissez rien sur la plage, n’amenez aucun objet de valeur... Ca refroidit... Les mahorais avec qui on a mangé nous a dit « des touristes prenaient des photos en pleine rue ! tu te rends compte, ils n’ont pas peur pour leur appareil ceux-là ! ». On s’est dit que les principales victimes devaient être les touristes mais pas du tout ! Tous les mahorais sont touchés ! Abdoul, notre hôte, s’est même fait volé ses serviettes de toilette qui étaient à sécher... Super ! Du coup, on a fait TRES attention... On n’emmenait pas l’appareil photo à la plage et il fallait constamment surveiller ses affaires. Bof. Apparemment, laisser sa voiture dans la capitale, Mamoudzou, c’était super risqué, mais on l’a récupéré sans une seule égratignure.

 

Marahaba pour votre attention !

Kwahéri !

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